Tout savoir sur nos nouveaux jeans délavés

Posté le Tuesday 15 Mar 2022 par Romain

Depuis nos débuts en financement participatif en 2013, nous avons créé 1083 pour relocaliser toutes les étapes de la fabrication d’un jeans en France, de la filature à la confection, jusqu’au délavage. Cette dernière étape est traditionnellement l’une des plus polluantes, tant pour son impact environnemental que pour ses effets néfastes sur la santé. Délavage à grand renfort de produits chimiques, sablage, ponçage, de nombreuses usines ont encore recours à ces techniques délétères pour fabriquer les jeans de marques du monde entier.

Après la relocalisation de la première machine laser en France en 2016, dans notre atelier de Romans-sur-Isère, l’innovation continue en 2022 avec une nouvelle collection de jeans 1083 Origine France Garantie, délavés à l’ozone en France, sans aucun impact négatif sur l’environnement.

Jeans délavés

Le délavage traditionnel

Quand le jeans s’est répandu en Europe après la Seconde guerre mondiale, il n’existait pas encore de méthode industrielle de délavage. Les jeans se patinaient naturellement à l’image de nos modèles SuperDenim indigo brut, ou on les délavait à la plage par exemple au contact du sable et de l’eau salée. Tour d’horizon des différentes techniques qui ont vu le jour depuis.

La pierre ponce

L’une des méthodes de délavage les plus connues est la pierre ponce. Une invention française ! Ce sont les créateurs Marithe+François Girbaud qui mettent au point le procédé, appelé « stonewash» en anglais, à la fin des années 1960 dans une laverie de Saint-Germain-des-Prés sur des jeans de la marque américaine Wrangler. Le délavage à la pierre ponce consiste à laver un jeans dans un lave-linge rempli de pierres. Problème, la pierre ponce perd près de la moitié de son volume lors de l’opération, ce qui oblige à rincer de nombreuses fois le jeans pour se débarrasser des poussières, rendant le procédé énergivore en eau.


C’est terrible car en inventant le stonewash, on n’avait pas conscience qu’on inventait une pollution” commentait François Girbaud 40 ans plus tard lors de la présentation du délavage laser avec l’entreprise Jeanologia à Las Vegas.

Le sablage

C’est la méthode la plus controversée et la plus dangereuse pour les ouvriers. Cette technique est encadrée en France depuis 1969, mais elle reste pratiquée sans cadre réglementaire dans de nombreux pays. Elle expose les travailleurs aux particules de silice qui peuvent être inhalées et causer de graves problèmes respiratoires.

Les produits chimiques

Depuis les années 1970, le délavage chimique a été largement industrialisé avec des agents blanchisseurs tels que le permanganate de potassium, l'acide ou la javel. Des produits dangereux pour l’environnement et la santé s’ils sont utilisés en grandes quantités, sans protection adéquate, et sans traitement final des eaux usées. En 2010, Greenpeace alertait sur la pollution de la ville de Xintang, considérée comme la capitale du jeans en Chine. Présence de métaux lourds dans la rivière locale, surconsommation d’eau, dangers pour la santé des ouvriers, de nombreux reportages ont documenté ces pollutions générées par l’industrie du jeans à travers le monde.

effet délavé@Greenpeace

La durabilité émotionnelle d’un jeans délavé

Parce qu’on aime le patiner, l’user, un jeans a une durée d’usage bien plus longue qu’un pantalon. C’est ce qu’on appelle la durabilité émotionnelle ou immatérielle. En effet, à usure ou même trou égal, on portera encore son jeans, alors qu’on jettera son pantalon. C’est pour ça que la durabilité émotionnelle d’un vêtement est un sujet préalable à sa durabilité matérielle.

Fabriquer des vêtements qui ne durent pas n’a aucun sens, et fabriquer des vêtements qui durent ne fait sens que si on a durablement envie de les porter. C’est pour cela que nous préférons le style à la mode.

C’est presque contre-intuitif mais le jeans délavé est l’illustration même de la durabilité émotionnelle du jeans. C’est pour cela que nous nous sommes tant investis pour fabriquer en France et proprement, des jeans délavés de grande qualité. Bienvenue dans cette nouvelle filière locale !

À l’origine de notre démarche : le délavage laser

Pour proposer des jeans délavés inoffensifs pour la planète et la santé, Charlotte, notre responsable de production, et Thomas ont rencontré l’entreprise espagnole Jeanologia début 2016, leader dans les techniques de délavage propre. Quelques mois plus tard, nous installions en France la première machine de délavage laser dans notre atelier de Romans-sur-Isère. Nous avons eu recours à cette technique pour lancer nos premiers jeans délavés. Au fil des années, nous avons pu tester le procédé, découvrir ses atouts, et développer ce savoir-faire.

Le choix du délavage à l’ozone

Le délavage laser a vu le jour dès 2003 avec l’entreprise Jeanologia. Le point fort du laser ? Il assure le marquage d’un jeans, sans eau ni produits chimiques. S’il permet de créer des motifs et de donner des effets d’usure personnalisés au jeans, le laser ne permet pas d’éclaircir la globalité d’un jeans. Pour obtenir un délavage homogène et écoresponsable, nous avons travaillé le délavage des jeans à l’ozone avec notre partenaire Bleu Océane.

Un procédé écoresponsable et relocalisé

Bleu Océane est installée à Beauvoir-sur-Mer en Vendée et s’est équipé, comme nous, de machines Jeanologia. Son procédé de délavage à l’ozone est en cours de certification GOTS, le même label environnemental que pour notre coton biologique. L’ozone a plusieurs avantages : il produit de très beaux bleus, ne génère aucune pollution et réduit les cycles de lavage. Le processus ne consomme que 3 litres d’eau par jeans. Avec Bleu Océane, nous avons créé quatre jeans délavés, pour homme et pour femme, dans deux coloris indigo : le bleu clair et le bleu océan plus foncé.

L'équipe 1083

L’ozone, c’est quoi ?

L’ozone est un gaz présent dans la stratosphère. C’est lui - rappelez-vous de la couche d’ozone - qui nous protège des rayons ultra-violet du soleil et permet la vie sur Terre. Pas de panique, nous n’allons pas le chercher si loin ! Il est obtenu en recomposant des molécules d’oxygène (O3). Grâce à sa propriété corrosive, l’ozone délave la teinture à l’indigo et crée l’effet d’usure. Après utilisation, il est automatiquement décomposé en dioxygène (02), ce qui assure son innocuité.

Le délavage à l’ozone : étape par étape

Un premier lavage
La première étape est un lavage en bain court, c’est-à-dire rapide avec peu d’eau. En clair, il s’agit de nettoyer les jeans à l’aide d’enzymes dans une grosse machine à laver pour préparer le tissu.

Jeans délavés

L’effet atmosphérique à l’ozone

Une fois séché, place au traitement atmosphérique, c’est-à-dire sans eau et avec l’ozone. Cette étape permet de délaver les jeans en donnant de jolies nuances de bleu à la matière. Comment ça marche ? Les jeans sont simplement mélangés à des linguettes humides pour que l’ozone vienne éclaircir la teinture indigo des jeans. L’ozone dégrade uniquement le colorant indigo et non la fibre. C’est une différence de taille avec un délavage traditionnel. Pour notre jeans délavé bleu océan, le traitement s’arrête là.

Pour nos jeans délavés clairs

Les jeans délavés clairs passent par une étape supplémentaire : l'effet brouillard. Cette technique permet de brumiser de très petites quantités d’eau et de chlore sur le jeans, en réduisant au maximum leur utilisation et en supprimant tout résidu.

Jeanologia

Le rinçage en machine

Après toutes ces étapes, la dernière est un rinçage rapide, en bain court pour économiser un maximum d’eau, avec un assouplissant qui apporte de la douceur aux jeans.

Organisés en complémentarité les uns aux autres, voilà comment nos ateliers innovent ensemble et fabriquent en France des jeans délavés respectueux de l’environnement à moins de 1083 km de chez vous. « Il va sans dire que l’on est gagnant d’un point de vue environnemental puisque l’on peut mesurer au gramme près les produits utilisés et que l’on divise par deux nos rejets en eau, tout en ayant un résultat proche d’un délavage traditionnel » résume Rodolphe Bled, le dirigeant de l’atelier Bleu océane.

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