Une journée avec Mariya, couturière chez 1083 !

Posté le Tuesday 15 May 2018 par Alice


L’ambiance est studieuse dans l’espace confection de l’atelier. Tiên et Mariya sont chacune postées devant leur machine, les yeux rivés sur leur ouvrage. Elles font progressivement glisser le tissu sous l’aiguille qui s’abaisse de manière régulière. Les deux parties s’assemblent petit-à-petit jusqu’à former une jambe, puis une autre. Elles changent ensuite de machine pour passer à l'étape suivante : surpiqure, ourlets, points d’arrêts pour fixer les passants de la ceinture, poches, bouton... Voilà votre jeans réalisé sous vos yeux ! En tout, 13 machines différentes sont nécessaires pour aboutir au jeans 1083 que vous connaissez. Observer toutes ces étapes et la minutie dont font preuve les couturières fait changer de regard sur le pantalon qu’on enfile tous les jours…



Lorsqu’on rencontre Mariya, ce qui frappe, c’est d’abord sa vitalité, son sourire et puis son discret accent qui transforme les « u » en « ou »… Un indice sur son pays d’origine: l’Ukraine.


Comment es-tu devenue couturière?


Par hasard! Après le lycée, je ne savais pas ce que je voulais faire. J’ai croisé des copines qui faisaient une école de textile sur 3 ans et qui m’ont encouragée à les rejoindre. En Ukraine, le métier est très commun, ce n’est pas comme en France. Une fois que je me suis lancée, j’ai eu envie d’aller jusqu’au bout. J’ai travaillé dans des structures très variées: d’abord dans un atelier qui faisait du sur-mesure pour la création de prêt-à-porter de soirée et de robes de danses standards et latines, puis dans de grands ateliers de production. Là où j’habitais, il y avait beaucoup d’usines textiles. Étant donné le climat froid, on confectionnait principalement des vêtements d’hiver. J’ai fabriqué des manteaux, des vestes, des bonnets en fourrure… J’ai appris beaucoup de techniques. Le système est différent par rapport à ici: on travaille comme on veut et on est payé en fonction de la quantité produite. Comme j’étais motivée, je travaillais beaucoup et j’ai progressé rapidement. Plus tard, j’ai repris des études et je suis devenue comptable. C’est en arrivant en France que j’ai retrouvé mon métier initial!


De quelle façon perçois-tu l’absence de travailleurs textile en France, comparé à l’Ukraine?


Je trouve dommage que l’on se plaigne du manque de travail, alors qu’il pourrait y avoir tous ces métiers de production comme celui de couturier. Pour l’instant, ce sont des activités qui se sont perdues. Il faudra du temps pour former et des moyens pour motiver afin qu’elles puissent renaître. En général, les ateliers de confection sont plutôt agréables. Par contre, il n’est pas facile de travailler dans les usines : ce sont des environnements bruyants, peu lumineux… C’est important de repenser ces espaces pour qu’ils deviennent plus attirants. Être couturier est fréquent en Ukraine, mais ce n’est pas très prestigieux. Ces savoir-faire sont pourtant précieux, et il faut savoir les valoriser.


Être couturière, c’est comment?


C’est un métier où il faut être très patient. On reste toute la journée sur une machine et c’est assez répétitif, alors pour aimer ça, c’est important de trouver une motivation. Moi, ce qui me fait plaisir, c’est de voir le résultat. C’est de croiser quelqu’un dans la rue qui porte un jeans 1083 et de me dire : tiens, c’est peut-être moi qui l’ai fait!


À quoi ressemble ta journée type?


Charlotte nous transmet les commandes en fonction des demandes et des stocks. Lorsqu’on arrive, on doit par exemple faire X jeans 202 en telle taille. Avant, on découpait le tissu aux ciseaux. On a désormais un découpeur numérique qui apporte beaucoup plus de précision et évite le mal de dos! On prend la coupe et on monte les jeans. On fait des séries de 10 ou 20 jeans, en se partageant les tâches avec Tiên. On passe d'une machine à l'autre jusqu’à avoir fait les 34 étapes. Il faut 1 heure pour fabriquer 1 jeans, mais on essaye de gagner en efficacité. Nos équipements évoluent régulièrement, ce qui nous permet d’être plus rapides et plus précises. Ici, on peut dire que les produits sont différents de ceux fabriqués dans les usines. On fait des jeans de manière artisanale : chaque pièce est unique!



Qu’est-ce que ça représente pour toi de travailler chez 1083 ?


Les idées que porte 1083 m’ont tout de suite plu, notamment ce beau projet de faire revivre le site de Jourdan à Romans. Je trouve intéressant de faire partie de l’équipe 1083, parce qu’on en est encore au début: ça me plaît de voir à quelle vitesse l’entreprise se développe et je suis contente d’y participer. Je suis très curieuse de voir à quoi ressemblera 1083 dans quelques années. J’espère qu’elle sera devenue une grande référence dans le secteur du jeans!


Mariya retourne à son ouvrage… Le prochain à passer à la surpiqueuse, c’est peut-être votre jeans;)


Posté dans 1083

Commentaires

Mégane, 1083

Posté le 7 mai 2019 11:25:50

Bonjour Nicolas,

Tout d'abord merci beaucoup pour votre commentaire, nous sommes ravis de vous compter parmi nos fidèles clients ???????????????????? Concernant le tablier nous avons en effet prévu de le développer et de le commercialiser suite aux nombreuses demandes ! Notre Chargé de développement commercial vous contactera d'ici quelques semaines pour vous le proposer :)

Belle fin de journée

Guiné

Posté le 19 janv. 2019 15:22:26

Témoignages très interessant et encourageant pour l'avenir de la profession de couturiers ! Mais ce qui m'interpelle c'est ce superbe tablier que porte l'une de ces femmes ! Allez vous le commercialiser, si oui je suis peut être partant pour équiper mes jeunes en formation. Je suis enseignant en Art Floral et le tablier fait partie de nos équipement et pour en trouver un made in france qui répond à nos critères et bien ce n'est pas facile. Le mien c'est ma barbière qui me l'a vendu, c'est pour vous dire !
Tenez moi au courant et bravo pour tout ce que vous faîtes ! Mon dressing commence à ressembler à la boutique 1083 :)