Quid de l'export ?

Posté le Wednesday 24 Dec 2014 par thomas

Depuis le début de l’année, le rythme est soutenu et je ne prends pas assez le temps de partager sur ce blog tout ce qu’on met en place pour vous suivre et durer. Parce que vous avez été si nombreux à avoir enrichi notre réflexion pour l’union fait la France en janvier dernier (dont je vais vous reparler dans quelques jours), j’ai à nouveau besoin de me poser pour vous poser… une question.

 

Lorsque j’ai créé 1083 il y a 2 ans, c’est parce que j’ai compris que la proximité nous rendait meilleur. Qu’on le veuille ou non, le fait de connaître et de comprendre ce que l’on fait, nous change. Et je me suis donc dit qu’en fabricant à proximité de vous et de mes partenaires, on (se) ferait du mieux. Dans cette logique de proximité, lorsqu’on me demande si on est intéressé par l’export, je réponds invariablement que j’adore les échanges mais que si on regrette d’acheter en France des produits du bout du monde que l’on peut fabriquer localement, l’inverse n’a pas plus de sens… imparable me semble-il. Sauf qu’à force d’échanger sur le sujet, je m’interroge sur le bon sens de ma remarque…

 

Quels sont les problèmes de la mondialisation. Les transports qu’elle engendre ? L’uniformisation des cultures ? Notre perte de maitrise ? La concentration des pouvoirs économiques ? Un peu tout ça et il y a en d’autres, mais la mondialisation c’est aussi le plaisir de découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles assiettes, de nouveaux paysages, de nouvelles personnes en France, à l’étranger, ou à la télé d’ailleurs ! Du coup la proximité, ça se compte en kilomètres ? en secondes ? en intermédiaires ? Pas simple en fait...

 

Petit à petit je réalise que ma remarque (si on regrette d’acheter en France des produits du bout du monde alors même qu’on peut les fabriquer localement, l’inverse n’a pas plus de sens…) est simpliste et je ne sais pas si je dois m’inquiéter de me voir le réaliser ou de son simplisme !!! ;-) Il ne sera jamais question d’envisager de délocaliser la production, mais il est question d’accepter ou non de donner suite aux contacts de professionnels étrangers intéressés par le potentiel de notre marque et de notre démarche.

 

J’approuve quand on me dit :
  • qu’accepter d’exporter c’est promouvoir notre culture française et nos savoir-faire,
  • qu’accepter d’exporter c’est une chance de plus de sécuriser les emplois locaux que l’on crée,
  • qu’accepter d’exporter de France vers la Chine par exemple c’est contribuer à ré-équilibrer à notre mesure les échanges commerciaux, et donc notre rapport de force politique,
  • qu’accepter d’exporter c’est remplir des conteneurs qui rentraient jusque là vides,
  • qu’accepter d’exporter c’est promouvoir nos valeurs face aux marques irresponsables.
Et vous, trouvez-vous du sens à ce que l’on vende les jeans 1083 à plus de 1083km de chez nous ?

 

Merci de notre proximité et de vos commentaires sincères,

 

Thomas

 

 

Mise à jour du 23 mai à 8h05 : Merci pour ces premiers commentaires nocturnes ! En fait je ne me suis pas vraiment posé la question de monter ce projet pour ou contre la mondialisation, et je n’ai en effet pas encore étudié les risques économiques liés à l’export. Ma démarche sur ce sujet est la même que sur chaque problématique :
  • quelle matière première choisir ? On a choisi le coton biologique et on travaille sur le coton recyclé.
  • est-ce que produire des articles de mode ce n'est pas contribuer à remplir nos poubelles ? On a considéré que notre manière d’entreprendre pouvait participer à réduire nos déchets.
  • quelle relation construire avec ses partenaires, et ses clients ? La réponse est ce blog.
  • etc... et du coup mon dilemme sur l'export est de déterminer si l’export est un problème en soit ou si c’est la manière de le faire qui est le problème.
Par exemple la question se pose parce que des boutiques allemandes nous contactent pour la démarche de notre marque et leur manque d’équivalent sur place. Faut-il refuser et plutôt proposer à ces commerçants de monter leur filière locale ? Faut-il tisser des liens, quand bien même économiques, pour leur donner envie de construire un équivalent local ? Est-ce qu’on sert notre cause en refusant ? Je ne crois pas, et ce "je ne crois pas" me fait glisser sur l'idée que le problème de l'export c'est la manière de le faire. On a aussi des pays beaucoup plus lointains qui nous démarchent, et à qui je réponds que l'on préfère participer à développer leur filière locale plutôt que de vous vendre nos produits. Aucun projet n’a jusque là avancé, et pour tout dire ça refroidit généralement mes interlocuteurs qui apprécient notre démarche, mais n’ont pas le projet de lancer une production de jeans lorsqu’ils nous contactent. Bref, c’est vraiment pas simple… Cette nuit a porté ces questions plus que des conseils ;-)

 

 

Mise à jour du 25 mai à 10h46 : Vos commentaires sont toujours aussi nombreux, c’est vraiment riche de réussir à échanger ainsi. L’export n’est pas un axe que l’on cherche à développer, mais la question se pose pour apporter une réponse juste aux sollicitations que l’on reçoit : des commerçants étrangers sensibles à notre démarche nous contactent pour diffuser nos jeans. Que leur répondre ? Si vos commentaires montrent que nous partageons les valeurs d’éco-conception et de proximité que nous mettons en oeuvre ensemble, je dirais pour résumer que vous voyez deux manières différentes de les servir :
  • s’en tenir à une diffusion uniquement locale de nos produits, et partager le concept… mais comment ? Le risque est ici qu’en restant sur une diffusion uniquement locale des jeans, on ne provoque pas les conditions du développement de la démarche.
  • utiliser la diffusion de nos produits à l’export pour partager notre démarche… mais où s’arrêter ? Le risque est ici de faire entrer notre projet dans un développement non maîtrisé et contraire à notre démarche.
A priori ces 2 visions sont donc opposées et je dois dire qu’elles ne me satisfont chacune pas complètement car je trouve l’une trop théorique et l’autre trop pragmatique. Puisqu’il n’est pas interdit d’inventer, vous me donnez l’idée suivante : nous allons faire les 2 ! C’est à dire accepter la diffusion ÉPHÉMÈRE de nos produits à l’étranger, pour encourager le développement d’une démarche locale de proximité.

 

Comment ? En ajoutant une étiquette (dans la langue du pays) sur nos jeans vendus à l’étranger, qui expliquera notre démarche d’éco-conception et de proximité, et qui proposera notre aide à ceux qui souhaiteraient localement s’y atteler ! La notion d’éphémère est fondamentale pour laisser le moment venu notre place à un futur projet local. Cela contribuera à sécuriser à court terme notre propre outil, et c’est la garantie à moyen/long terme de ne pas fragiliser notre modèle économique en devenant dépendant de ces exportations. Évidemment rien ne dit que cette initiative va marcher, mais il est par contre certain qu’elle ne marchera pas si on ne la tente pas !

 

Merci à tous, les échanges continuent ;-)

Posté dans 1083

Commentaires

LAPORTE

Posté le 14 févr. 2016 12:03:34

pourquoi vous dites que c'est FABRICATION française alors que vous mettez des tailleS US ?

Karine AC

Posté le 10 févr. 2016 19:14:40

A vous lire, il n'est pas envisageable d'exporter à la façon des autres.
Sortir des sentiers battus est impératif.
Votre Histoire et la qualité de vos produits attirent les clients étrangers ? Si la demande vient à vous, ne la rejetez pas.
Pour promouvoir votre merveilleux concept, il va bien falloir l'exporter.
A vous de décider comment et de concevoir votre éthique et vos conditions ; inventez votre concept 1083 à l'étranger ! C'est celà dont notre pays et notre économie ont besoin. Suis dispo pour en parler de visu.

Luc

Posté le 5 août 2015 18:54:16

Si je comprends bien, l'idée c'est de vendre en chine pour exporter le made in france pour faire un peu plus de brouzhouf...

ça me semble légitime !

Par contre, effectivement, ça contrevient à l'idée de production locale vanter pour le site.

Pour le coup, j'étais presque prêt à commander chez vous, mais si j'apprends que vous allez envoyer des camions en chine alors que vous vous vantez de ne pas en faire venir... c'est un peu un coup dans l'eau.

Je m'arrête là, ce n'est qu'un vilain troll.

Cependant, je vois une solution simple qui pourrait contenter tout le monde.

Pourquoi ne pas conclure un partenariat, via une license d'exploitation des modèles avec des concepteurs chinois.

ainsi, les modèles de 1083, pourraient être produits localement en chine, avec des méthodes française, mais l'enseigne française disposerai tout de même d'un revenu issue de cette exploitation.

En espérant avoir été, peut-être, utile...

Bbuissonniere

Posté le 27 juil. 2015 21:56:51

Vous nous taites quand un petit pantalon pat d'ef, style boot cut ! j'adorerais

Cécile

Posté le 8 juil. 2015 00:23:35

Personnellement, moralement parlant, cela ne me dérangerait pas d'acheter chinois s'il s'agissait d'acheter un produit créé en Chine, par des Chinois, et qui profite à l'entreprise sur place (je dirai de même pour un autre pays, quel qu'il soit). ce qui est dérangeant, c'est le fait que des entreprises délocalisent pour payer moins cher la main d'oeuvre.
Par contre, écologiquement, il est certain que faire voyager les produits à l'autre bout de la planète est sans doute nuisible.

Bref, d'accord pour l'export si on en sacrifie en rien la qualité et les salaires, et si on trouve le moyen le plus "propre" d'acheminer les produits.

Cécile

Sonia

Posté le 1 juil. 2015 07:39:04

Je pense qu'il faut vraiment que tu te poses la question (je te dis tu hein ^^) de ce qui est ta priorite, et de quelles etaient tes motivations quand tu as debute cette aventure. Est-ce que ton but etait de re-industrialiser la France? Auquel cas, l'export pourrait avoir du sens. Ou de proposer un mode de consommation alternatif (circuit court, produit "basiques" de qualite, slow fashion)? Auquel cas l'export a moins de sens (je ne parle pas des pays limitrophes, Suisse UE et autres). Apres si tu te sens le courage, tu peux essayer de reproduire ce modele dans d'autres pays, mais encore une fois a mes yeux, ca n'aurait pas vraiment de sens. Le denim s'appelle denim pour une raison...
En ce moment, avec ma famille, on est en greve de la fast fashion. On vit a Hong Kong, la capitale de la consommation. On a decide que toutes les fringues dont on a besoin seraient soit cousues main, soit d'occaz, soit achetees a des marques comme la tienne. Et franchement, meme si tu couds tes fringues toi-meme, trouver des produits bruts (tissus etc.) de qualite c'est super difficile ici!! Donc proposer tes produits a la vente par correspondance dans le monde entier, ca par contre ca a beaucoup de sens! Proposer des alternatives a ceux qui souhaitent s'acheter une paire de jeans mais qui sont loin de la France. Parce qu'ici toutes les grandes enseignes sont presentes, mais on sait comment elles font faire leurs jeans, et si tu n'es pas d'accord avec ca, tu fais quoi? A part ne plus mettre de jeans...
En plus si tu veux te developper ici tu devras etre distribue... Et les distributeurs ici ils s'embetent pas... Une chaise haute Combelle (arrivee par bateau de France) qui coute dans les 80 euros (690hkd) en France avec la TVA et revendue quasiment au triple ici (et par internet, pas en magasin!)...
Et puis pour finir juste 2 petites suggestions: la version du jeans en short pour femme serait geniale!! Et les femmes adorent les jeans 7/8eme slim, qui allongent et affinent la jambe mais il faudrait du coup du tissus un peu plus fin et stretch ;)
Bonne journee!

fabien gaget

Posté le 14 juin 2015 18:57:36

bonjour,
votre proposition du 25 mai semble raisonnable. Avoir pour objectif final d'exporter votre démarche reflète plus l'image de 1083. Cela serait mieux que du 1083 vendu à de riches pékinois comme des produits Vuitton.
Ceci dit, Turin et Bâle ne sont pas plus loin que Brest. Ceci dit, le net abolit les frontières (prévoir une page en allemand et une en italien - ça peut faire l'objet d'un débat complémentaire ?!). Ceci dit, la concurrence s'organise déjà en France, je pense sur la chaussure ...
Vivement que la tanzanie et son coton bio ait son Thomas et son jean local. Et je rêve que tous puissent vivre de leur travail et avoir des revenus et une retraite décente ...

Pierre Gros

Posté le 30 mai 2015 16:46:34

Vous avez le choix entre exporter vos produits et exporter votre modèle économique, votre logique et vos valeurs.

Si toute votre démarque à un sens fédérateur c'est à travers le modèle économique que vous développez, c'est donc lui qui faut exporter.

Pour exporter le modèle il sera peut-être nécessaire de passer par l'export des produits, de manière éphémère dans un premier temps, en même temps il construira sur place sa propre filière de fabrication.

Je vous proposerai donc de construire une forme de franchise/affiliation avec des partenaires qui adhèrent à votre démarche et qui pourraient avoir besoin dans un premier temps de vendre directement vos produits en développant en parallèle leur filière locale.
Votre contrat d'affiliation porterait dans un premier temps sur la "fourniture des produits et le conseil pour la mise en place de la filière" et dans un deuxième temps uniquement sur la partie fourniture du style, des patrons et le "conseil sur la filière".
Cela vous permettrait de sécuriser les emplois locaux et vous permettrait de maintenir des ressources pour continuer à accompagner d'autres projets.
Les pays ayant construit leur filière aidant en quelques sortent les nouveaux pays à mettre en place la leur.
La maison 1083 restant le point de référence et le garant du modèle économique et des valeurs et le concepteur "style" des produits.

Merci encore une fois de donner la parole à vos clients.
Bonne continuation

basspiker

Posté le 29 mai 2015 12:18:11

Question d'entrepreneur, restons simple et pragmatique :
1. Exporter vers l'allemagne par exemple, ou les produits 1083 remplaceraient dans les rayons des produits chinois, est indubitablement positif d'un point de vue environnemental.
2. Exporter vers la Chine ne l'est pas.
Il n'y a pas une réponse universelle, mais du cas par cas.

Et puis l'export, si on considère l'UE est-ce vraiment de l'export ?
J'habite prêt de la frontière allemande, si je monte une entreprise et vends mes produits juste de l'autre côté de la frontière, c'est de l'export ? pourtant à 30-50 km du lieu de production, c'est moins émetteur de CO2 que de les vendre à Toulouse par exemple, qui ne serait pas de l'export.

rigoni

Posté le 28 mai 2015 22:49:24

Exporter ou pas belle question? Ce n'est pas exactement comme cela que je me poserais la question si nos amis italiens allemands espagnol ou japonais (je cite le japon car je suis persuadé que les jeans 1083 feraient ferons? Fureur lorsqu'ils seront dėcouverts en raison du brin de fascination qu'exerce l'hexagone dans l archipel) se prennent d amour pour la diagonale rouge pourquoi les en empêcher? La question est plutôt de sa savoir si l export est raccord avec les principes "fondateurs" de votre aventure. Pour l europe je ne vois pas oú est le problème. Après tout rome barcelone zurich bruxelles ne sont pas plus ėloignėes de Romans que....Porspoder. Pour nos amis nippons ėvidemment c'est un peu différent.... là il faut recourir à l aspect non kilomėtrique du concept pour valider l idée...Il faut exporter l idėe rėvolutionnaire qu'un article textile peur être produit en repectant nature travailleurs et consommateurs et ėvidemment être beau. Alors bienvenue à Sapporo... et bon courage pour tous les problèmes à surmonter pour que 1083 ėclaire le monde

Nikolian

Posté le 26 mai 2015 00:05:34

Lorsque j’achète quelque chose j’essaie acheter local, pour plusieurs raison, l’environnement en est une, le respect de l’homme en est une autre.

Ce qui m’empêche d’acheter un jean venant de Bengladesh, est beaucoup les conditions dans lesquels ils sont faits que la distance du transport.

Le fait d’acheter français garantie des conditions de travail, et des normes de fabrication qui sont très loin de celle appliquée dans certains autre pays.

L’esclavage est sensé avoir disparue en France depuis 1848, la mondialisation permet à nouveau aux entreprise française d’utiliser des esclaves de manière délocalisée.

Acheter quelque chose venant par bateau, n’est pas une si mauvaise chose, lorsqu’on ne trouve pas près de chez soi et que cela permet à de gens de vivre dignement.
Plus que d’acheter « made in france » il faut acheter « made in respect »

José

Posté le 25 mai 2015 22:07:26

Mesdames, Messieurs,

Je me permets d'amener ma pierre à l'édifice.

Pour moi, "1083", c'est un joli slogan, mais il est soit utopique, soit mensonger, si on le pousse à un extrême, dans une impasse.

Pour ma part, je souhaite avoir raison en pensant qu'il embellit un plaidoyer "utopique".

Je m'explique : je comprends le concept comme un baroud d'honneur face au mal subit par les méfaits de la mondialisation sur l'ensemble de nos "1083". En effet, le mal a voulu nous faire croire que le nivellement par le bas était le bien. Par cette folie, les gens ont préféré acheter des produits de moins bonne facture, fabriqués dans des conditions qu'aucun de nous voudrait même qu'une seule journée, à l'autre bout du monde... Tout ça pour un gain éphémère : une économie de papier, de ferraille, lors du passage en caisse, et uniquement cela !

Un gain à l'instant présent, qui n'en est même pas un. Effectivement, on achète un produit négatif sur tous les plans qualitatifs :
- Qualité des matières, donc des produits.
- Qualité des conditions de vies humaines.
- Qualité de "la santé" de notre Terre Mère.

Je reviens maintenant à ma méthode de consommation. Ce que je ne supporte pas, et que je ne tolère sous aucune condition, c'est d'acheter un produit réalisé par "des esclaves". L'esclavagisme moderne, vaste sujet. Bien plus présent à l'autre bout du monde, pour moi, il sévit également dans nos 1083, à moindre mesure, certes, mais tout de même. Pour tenter de faire concis sur ce point et résumer mon point de vue, un exemple : 2 jeans identiques, aux mêmes prix. L'un fabriqué à 10km de chez moi dans une multinationale côté en bourse (bonjour le cliché, mes excuses) par des ouvriers stressés dédommagés au SMIC, l'autre en Italie, par un artisan qui va au "bilan net", réaliser un bénéfice de 30€. Ce sont les mêmes (2 jeans 101 1083 eheh) ! Pour ma part, excusez-moi, mais je prends le deuxième, "artisanal" fabriqué en Italie. En effet, le côté "équitable", n'est-il pas un des fondements de l'éthique qui nous anime ?

La solution à "nos problèmes", c'est le nivellement par le haut. Il faut combattre les "radineries", encourager la générosité, l'investissement... Faire fleurir un nouveau printemps de Joies. Pour recevoir du bonheur, il faut en donner. Cette phrase si simple, est malheureusement difficile à mettre en pratique pour la "majorité", à comprendre, donc à faire vivre.

Je reviens à nos moutons, à notre "réflexion". Vous défendez "la production locale", et ne savez pas si il faut accepter de vendre "ailleurs", en dehors de nos 1083 (parfois moins loin que dans nos 1083 c'est bien ça ?). Le problème : polluer ? Bien sûr, je suis également contre la pollution. Mais je suis pour la diffusion de bonheur. Si vous fabriquez des produits de qualité, en faisant le meilleur possible niveau environnemental, à l'aide de gens heureux, qui viennent travailler la fleur au fusil, et que des gens veulent soutenir ce bonheur, en prendre en donnant, pourquoi le refuser ? Le problème de voyage des produits est réel sur le plan écologique, on ne peut plus sérieux. Mais est-il de votre ressort ? La réponse est non. Les énergies qu'utilisent les bateaux, les avions, les voitures... C'est triste, aujourd'hui elles font trop de mal à notre Terre. Des solutions et des alternatives existent. Mais les réponses à ce problème doivent être affirmés par les bergers (nos dirigeants). Nous sommes aujourd'hui des victimes : nous avons faim et le berger nous propose que cela à manger (Des énergies polluantes). La question est la suivante : Préférons nous manger pour tenter ensuite de combattre, ou bien se laisser mourir ? Mon optimisme me fait dire qu'il faut espérer faire triompher nos idées, même si cela paraît fou. Vivre sainement, "écologiquement" sera bientôt inévitable. Les bergers vont devoir changer notre alimentation, qu'ils le veuillent ou non. Sinon, plus de Terre, donc plus de moutons, mais plus de bergers non plus.

Je pense, peut-être prétentieusement, avoir dédramatisé votre problématique.

Nous sommes des moutons, mais des moutons "supérieurs", car conscient des problèmes actuels.

Je suis pour que 1083 se batte pour des valeurs fortes, visant uniquement à faire triompher le bien sur le mal. Qui veut la Paix prépare la guerre. Si quelqu'un veut du bonheur, donnons-lui, et nous serons heureux, ensemble !

Ne mettons-pas des barrières là où il n'y en a pas. Ne soyons pas plus moutons que nous le sommes déjà. Réglons les problèmes que nous pouvons régler et aidons à régler ceux que nous pouvons aider à régler.

Positivement, évoluons, progressons !

Libérons-nous !

Bien à vous.

Sincèrement.

Manu

Posté le 25 mai 2015 17:37:12

Quel transport ? Si c'est pour affréter un transporteur au moins disant, qui va sous-traiter à sa filiale roumaine pour qu'un quasi esclave enchaîné à son volant livre en quelques heures : non ! Par contre, si la qualité sociale et environnementale du transport est maîtrisée de bout en bout, pourquoi ne pas livrer des clients demandeurs pour leurs boutiques, en Europe proche, mettons tous les pays limitrophes...
Et ailleurs, c'est le concept qu'il faut exporter. Commencer par livrer le fil s'il n'y a pas de possibilité de filature sur place pour commencer, pourquoi pas...

Célia

Posté le 25 mai 2015 16:08:39

Bonjour Thomas
Avant tout, je pense qu'il ne faut pas stigmatiser l'export en faisant l'amalgame avec ce mot qui effraie pas mal de monde sur ce blog "mondialisation".

De jolies marques exportent, tu as l'exemple sous les yeux : Armedangels (UK), El Naturalista, Komodo (Népal...)... Ces marques, je les ai découvertes à la caserne de Bonne dans ton magasin Modetic, et je les adore (bon, ok pas les chaussures qui ne sont pas du tout mon style, mais c'est un autre débat !)
Est-ce que modetic tournerait si bien sans ces marques ? Peut-être, mais il serait dommage de passer à côté.
De la même manière, il me semble tout à fait judicieux d'exporter votre savoir faire et vos valeurs à l'étranger.

il est évident que vous ne ferez pas cela n'importe comment, ce sera réfléchi et construit, je ne pense même pas que cela mérite d'être précisé !

Dans la mesure où cela fait découvrir un produit innovant, respectueux, ainsi qu'un mode de consommation basé sur des valeurs je pense qu'on devrait inonder le monde de ces merveilleuses marques équitables et responsables :)

Pour ma part, je suis très sensible au "made in", plus qu'à la valeur "bio" de mes achats. H&M ne vient-il pas de sortir une marque en coton bio ? Quelle valeur attribuer à cela ? Pour ma part, je regarde systématiquement les étiquettes de provenance, je connais les marques de bonne manufacture, et je n'en sort pas (trop). Portugal, Italie, UK, France...
Je me renseigne avant tout sur la marque, son mode de fabrication, son fonctionnement.
Et puis aujourd'hui, ne parle-t-on pas à l'heure européenne ?

Dans ce cadre là, il serait absolument normal de trouver du 1083 à l'étranger.
Tu parles de manufacture française, mais qu'y a t il de mal à cela ? L'important est de conserver ses valeurs : même si 1083 est exporté, cela ne changera absolument rien à la valeur et au fonctionnement de ta société.

Et puis, cela ne fait qu'ouvrir de nouveaux horizons ... Un partenariat avec un manufacturier étranger (de la laine au Portugal ou même en nouvelle Zélande, des chaussures en Italie), de nouvelles vocations, de nouveaux partenaires, de nouvelles idées ...
Le tout est d'avoir les épaules solides pour supporter une telle expansion, de ne pas vouloir tout faire à la fois, commencer doucement, s'entourer des bonnes personnes (celles qui partagent tes valeurs, qui connaissent aussi bien le pays d'import que celui d'export) ... et se lancer !

Bon courage :)

Pascale

Posté le 25 mai 2015 12:24:57

Bonjour,

Beaucoup de remarques sur ce sujet, ce que je partage : aider les autres à produire local, exporter le concept, les idées, voir proposer des modèles différents adaptés à la culture des pays car ce qui se passe aujourd'hui c'est le même produit partout. Je trouve cette uniformité ennuyeuse, il faut s'enrichir de nos différences culturelles mais ne pas tomber l'uniformisation (ce qui n'est déjà que trop présent).
Il faut effectivement comme on dit certains remplacez la logique des produits qui font des milliers de kilomètres inutiles par le partage des bonnes idées, des valeurs qui feront que notre planète pourra (espérons le, on en doute parfois) avoir un avenir.
On pourrait aussi imaginer une autre mondialisation avec des entreprises mondiales (pourquoi pas) mais qui auraient des entités produisant localement de façon socialement et écologiquement responsable et payant leurs impôts localement, ne faire circuler physiquement que ce qui ne peut pas être de la production locale. Il n'est pas interdit de rêver et d'essayer de changer les choses.

Rémi

Posté le 25 mai 2015 12:07:28

(Re) Bonjour,

Je viens tout juste de poster mon long (et certes un peu fastidieux) commentaire, quelques minutes après votre nouvelle réflexion et proposition de projet de développement! Je suis donc très content de voir que votre idée rejoint sensiblement mon commentaire sur le fond! Votre projet semble bien. Vous pouvez également nouer des partenariats avec des personnes motivées pour répliquer le modèle 1083, qui ouvriraient leur boutique et atelier de fabrication comme vous l'avez fait, mais en local dans leur pays. Ainsi, vous exportez votre modèle, et le caractère éco-responsable de votre démarche est préservé. Vous pouvez introduire dans vos partenariats une sorte de charte en lien avec vos valeurs, ou encore des clauses vous permettant de garder un contrôle sur le respect des valeurs de départ etc...Bref, votre réflexion est pertinente et vous l'abordez, je pense, dans la bonne direction!

Bonne continuation!

Rémi

Posté le 25 mai 2015 11:49:23

Bonjour,

Avant tout, merci beaucoup pour l’approche que vous adoptez au travers de votre démarche professionnelle sociale et éco-responsable. C’est vraiment bon de voir des gens qui essayent de faire les choses bien, en leur donnant du sens. Vous vous remettez en cause, réfléchissez ouvertement afin de réaliser les meilleurs choix possibles, ce qui est réellement louable. Merci également pour ce que vous faites (démarche globale, produits respectueux de l’environnement et des êtres humains). Je promeus régulièrement votre enseigne autour de moi, parce que je suis convaincu que des entreprises comme la vôtre, et plus largement des comportements comme le votre, constituent le socle d’une société meilleure, d’un monde plus humain.

Concernant maintenant votre interrogation, il s’agit en effet d’une question intéressante. Je n’ai bien sûr pas la prétention de pouvoir y répondre parfaitement, et un simple commentaire posté est insuffisant pour traiter de manière exhaustive le sujet. Pour autant, voilà ma réflexion : j’aime 1083 parce que j’aime les choses qui ont un sens et qui véhiculent des valeurs auxquelles je crois. Votre entreprise permet d’améliorer la situation existante aujourd’hui sur différents plans :

- Ecologique : réduction des distances pour la fabrication des produits et les apports de matières premières + utilisation de produits Bio ou plus respectueux de l’environnement,
- Economique : à l’échelle française, création d’emplois et participation à la sphère économique française (impôts et charges sociales en France participant à la dynamique économique en France),
- Humain : promotion de valeurs que l’on a perdues en tout ou partie (sans même parfois s’en rendre compte) comme le respect de l’être humain (notamment au travers des conditions de travail) et de l’environnement,
- Partage : communication transparente sur vos questionnements, aspect « collaboratif » de votre démarche,

Notre pays, et plus largement les sociétés occidentales, vivent dans un confort plaisant et bien souvent indécent qui est semble-t-il nécessairement là au détriment d’autres populations du reste du globe. On consomme plein de choses, à coûts très faibles au regard de ce que cela représente intrinsèquement (télés, vêtements, nourriture parfois…) mais cela n’est réalisable qu’au travers de l’exploitation de populations dont la main d’œuvre ne coûte pas chère (deux paramètres entrent en jeu notamment dans le coût très faible de fabrication à l’étranger : la différence du niveau de vie et les conditions de travail/vie appliquées dans le pays de fabrication). Cette situation n’est pas saine à mon sens, même si, il est vrai, ce système peut apporter aux populations exploitées un travail. Ceci étant, bien souvent les conditions sont déplorables, au profit de marges importantes pour les entreprises. Il faut ajouter à cela le coût environnemental. Bref, ce serait très long de débattre sur ce sujet, mais en gros je préfère soutenir un système qui incite chaque pays (dans la mesure du possible bien sûr) à développer son savoir-faire et produire en local tout ce qui peut l’être, plutôt que rester dans notre situation parfois insensée avec des produits que l’on exporte, et ces mêmes produits que l’on importe pour les consommer ! De même, il me paraît plus sensé que chaque pays puisse étoffer son champ de compétence interne (agriculture, électronique, médecine, services…) et son indépendance plutôt que ce système économique qui induit petit à petit une situation où l’on se concentre sur certains marchés et où l’on perd des savoir-faire de base, tout cela s’accompagnant d’une dégradation de la qualité des produits et de l’environnement, et d’une dépendance dans d’autres pays aux valeurs déplorables.

En synthèse, voilà ma réponse point par point à vos remarques :
• qu’accepter d’exporter c’est promouvoir notre culture française et nos savoir-faire, => on peut promouvoir notre culture et savoir-faire sans exporter !

• qu’accepter d’exporter c’est une chance de plus de sécuriser les emplois locaux que l’on crée, => et une chance de moins de créer localement (dans les pays étrangers) des emplois pour la production,

• qu’accepter d’exporter de France vers la Chine par exemple c’est contribuer à ré-équilibrer à notre mesure les échanges commerciaux, et donc notre rapport de force politique, => Peut-être, mais devons-nous vraiment continuer à échanger avec la Chine quand on voit la misère que tout cela créée (conditions de travail terribles notamment) ?

• qu’accepter d’exporter c’est remplir des conteneurs qui rentraient jusque là vides, => OK, mais ne serait-il pas souhaitable de promouvoir l’utilisation de conteneurs que lorsque celle-ci est nécessaire (export de produits dont le savoir-faire est propre au pays d’origine uniquement, ou alors pour des matières premières n’existant que dans certains pays) afin de réduire l’impact environnemental et supporter le développement des pays en interne ?

• qu’accepter d’exporter c’est promouvoir nos valeurs face aux marques irresponsables => Oui partiellement, mais il faut modérer cet argument. En effet, si vous exportez dans des pays riches (Allemagne par exemple), OK les consommateurs allemands auront une nouvelle marque disponible avec des valeurs écologiques et humaines, mais plus vous vous éloignez en distance et en niveau de vie, et 1) plus vous perdez votre caractère écologique et 2) moins je vois en quoi les pays pauvres ou riches mais avec de fortes inégalités (Chine par exemple) bénéficieront de la promotion de vos valeurs (les travailleurs exploitées là-bas le seront toujours a priori, et vos jeans s’adresseront forcément aux gens riches de ces pays, qui s’ils veulent promouvoir de bonnes valeurs, feraient bien mieux de soutenir le développement de jeans par les chinois et l’amélioration des conditions de travail de leurs compatriotes.

Synthétiquement, il est plus pertinent à mon sens de promouvoir vos valeurs à l’étranger sans nécessairement exporter vos produits, mais plutôt en participant à la réplication de votre modèle.
Cela permettrait de plébisciter le développement à l’intérieur des pays étrangers (exporter le savoir-faire, les valeurs éco-responsables, les aider à rétablir la production en interne et donc contribuer à réduire le déséquilibre entre pays pauvres et pays riches), au lieu d’accroître l’impact environnemental et maintenir les disparités existantes. Ceci étant, un export maîtrisé et relativement proche offre une marque responsable aux consommateurs concernés (de manière analogue, je suis également content d’acheter du Made in Germany, car proche et respectueux des conditions de travail) et peut éventuellement permettre d’accompagner au début la démarche d’export de votre modèle et de vos valeurs.


Bien sûr, il ne s’agit là que de mon avis, et c’est bien à vous qu’incombe la tâche difficile d’avancer vers telle ou telle direction. Essayez de prendre un maximum de paramètres en compte, confrontez-les à vos valeurs, à ce que vous croyez être le plus juste et le plus sensé, puis faites le bilan. En tout état de cause, votre démarche de partage des réflexions est à mon sens déjà un pas dans la bonne direction. Je ne doute pas que votre choix final, même s’il ne colle pas forcément (ou que partiellement) avec ma vision des choses, sera appuyé de nombreux éléments sensés. L’important est que vous preniez une décision en ayant donné le meilleur de vous-même au moment de la prendre. Quoi qu’il en soit, même si l’avenir vous donne tort, alors vous en sortirez plus fort et plus expérimenté pour les choix futurs qui suivront.

Ce serait sympa un jour de voir se créer des « 1254 » en Allemagne, « 1325 » en Italie, « 976 » en Ukraine, « 1804» en Suède, « 3396 » (Miles !) aux Etats-Unis, « 2269 » au Vietnam…
Bon courage, et encore merci pour votre démarche.
Cordialement,

Nikolian

Posté le 24 mai 2015 23:37:40

Lorsque j’achète quelque chose j’essaie acheter local, pour plusieurs raison, l’environnement en est une, le respect de l’homme en est une autre.

Ce qui m’empêche d’acheter un jean venant de Bengladesh, est beaucoup les conditions dans lesquels ils sont faits que la distance du transport.

Le fait d’acheter français garantie des conditions de travail, et des normes de fabrication qui sont très loin de celle appliquée dans certains autre pays.

L’esclavage est sensé avoir disparue en France depuis 1848, la mondialisation permet à nouveau aux entreprise française d’utiliser des esclaves de manière délocalisée.


Acheter quelque chose venant par bateau, n’est pas une si mauvaise chose, lorsqu’on ne trouve pas près de chez soi et que cela permet à de gens de vivre dignement.
Plus que d’acheter « made in france » il faut acheter « made in respect »

Le fait d’acheter français garantie des conditions de travail, et des normes de fabrication qui sont très loin de celle appliquée dans certains autre pays.
L’esclavage est sensé avoir disparue en France depuis 1848, la mondialisation permet à nouveau aux entreprise française d’utiliser des esclaves de manière délocalisée.

Acheter quelque chose venant par bateau, n’est pas une si mauvaise chose, lorsqu’on ne trouve pas près de chez soi et que cela permet à de gens de vivre dignement.
Plus que d’acheter « made in france » il faut acheter « made in respect »

Emmanuelle Robert

Posté le 24 mai 2015 21:41:11

Bonjour,

On peut exporter un jean et inonder le marché chinois mais cela ne correspond pas à l'idée... On peut aussi exporter l'idée, un service visant à aider d'autres porteur de projets à produire à moins de 1083 km ou autant de km qu'il faut pour ça ai du sens.

La réflexion sur ce point est plus que légitime si l'on veut survire dans une économie mondialisée.

Belle soirée,

Emmanuelle.

Arnaud

Posté le 24 mai 2015 21:12:13

Et bien je ne vais pas faire dans la nouveauté mais je suis l'initiative donnée plus haut :

- Adaptez vous au marché local !

Puisque 1083 a su promouvoir le savoir faire français, pourquoi ne pas montrer le savoir faire local du pays d'export ?

Certes, c'est lourd financièrement, fonctionnellement, managérialement, mais l'idée simple de produit local pour le vendre localement perd tout son sens si la règle n'est pas respectée.

Aussi, vous doutez de la vision simpliste de cette règle, comment pouvez vous puisqu'elle est force de votre succès ?

Pour ma part, et désolé si cela va à l'encontre de l'envie d'expansion, l'export de l'idée oui, l'export du produit non.


Bien à vous,

Et bon courage.

Arnaud

Tina

Posté le 24 mai 2015 20:25:20

Comme il a déjà été proposé plus haut : Exporter à moins de 1083 bien sûr, exporter a plus de 1083... surtout pas ! quelle serait la crédibilité ? Par contre, essaimer OUI!!!

Implantez donc des ateliers 1083 dans les territoires qui vous réclament, pourquoi pas avec des produits nouveaux, adaptés aux habitudes de consommation locales.

Vous pourriez même aller plus loin et envisager des opérations de com ponctuelles pendant lesquelles il serait possible d'acheter la collection produite dans un autre pays !

Il pourrait également être intéressant d'engager tout cela autour d'une politique RH ambitieuse : formations, expériences, échanges, mobilités des salariés et pourquoi pas challenges entre les différents ateliers pour booster la créativité !

Tout est possible =)

Benjamin

Posté le 24 mai 2015 17:23:04

Le monde est un dégradé de gris.

Parmi les cotés les plus sombres figurent l'esclavage, la violence, la toxicité de certains produits.

Les aspects les plus blancs reposent sur les trois piliers du développement durable (écologie, économie, social).

Actuellement le monde me parait d'un gris médian.

Je pense que votre objectif initial était d'améliorer les choses.

Votre produit est presque blanc.

Même si l'export n'était pas initialement prévu, il vous permettrait de continuer à améliorer les choses en rendant le monde un peu plus blanc.

A partir de là il n'y a pas à hésiter.
Les seules considérations restantes sont liés à la gestion marketing et financières de l'export. A vous de jouer.

Pierrick Blons

Posté le 24 mai 2015 16:32:34

Bonjour Thomas,

En mettant le patron du Jeans open-source, pourquoi ne pas pousser la démarche plus loin avec un approche encore plus collaborative. En partageant votre expérience pour que localement dans ces pays intéressés, un entrepreneur puisse aboutir à la même démarche. Trouver des producteurs locaux de tissus bio et faire leur 1083 à eux à leur échelle. Cela vous permettrait de vous concentrer sur votre marché existant et aussi apprendre de leurs expériences voir innover avec eux.

My 2 cents,

Pierrick

Alexandre

Posté le 24 mai 2015 13:34:10

Bonjour,

Je vois en 1083 un social business tel de que décrit par Muhammad Yunus. Or tel qu'il le définit, l'export n'est pas incompatible.

Un social business est un modèle qui doit être reproductible peu importe l’échelle à laquelle il est appliqué. Il doit faire ses preuves à petite échelle (locale, nationale), avant d'être exporté.

En ce qui concerne 1083 la première partie est en cours de validation. Avant de le généraliser, je pense qu'il faudrait consolider le modèle actuel. Je suis certain que des événements ne devraient pas tarder à perturber le modèle en place. Mais c'est en survivant à ces difficultés que le modèle de 1083 pourra être assez solide pour faire face aux défis futurs.

L'étape suivante sera donc de proposer le même modèle ailleurs. Mais comment ? Certainement en proposant la même chose qu'en France: produire des vêtements à proximité géographique du client, dans des conditions respectueuses de l'environnement et des employés. C'est ce modèle qui doit être exporté, par le produit de ce modèle.

En somme voici mon avis Thomas:
- une remise en question du modèle 1083 devrait arriver dans les 2 ans à venir. Affronter cette crise rendra 1083 plus solide et permettra de passer à l'étape suivante
- il faut travailler à exporter les valeurs et le modèle de 1083 afin d'apporter les bénéfices qui vont avec. Exporter le produit fabriqué en France serait contraire aux valeurs qui définissent 1083. Vous risqueriez de perdre des clients et des collaborateurs en prenant cette voie. Recherchez donc dans d'autres endroits des personnes qui partagent vos valeurs, et accompagnez les pour reproduire le modèle de 1083. Le monde sortirait gagnant si chaque jean fabriqué était fait selon les valeurs que vous défendez.

Enfin si vous n'avez pas eu l'occasion de lire des livres de Muhammad Yunus, je vous encourage à le faire en commençant par "Une économie plus humaine" qui je crois vous parlera beaucoup à travers des exemples.

Alexandre.

Jean-Eudes

Posté le 24 mai 2015 12:12:36

Bonjour à tous.
Je pense que l'exportation serait une chance pour ta marque à condition de bien choisir tes partenaires et que le prix des jeans ne montent pas à 200€ pièces sinon ça n'aurait aucun sens.
Et pour ton interrogation "je fais en France pour la France" OK mais tu n'auras jamais tout le marché donc pas de scrupule (surtout pour tes salariés) et y t'il beaucoup de marques de jeans bio? Je ne pense pas mais je suis sûr que tout le monde y a droit!

Pour conclure et comme beaucoup ici ; fais comme tu le sens, l'exportation ce sera beaucoup de travail, des ennuis mais avec la qualité de tes produits ça peut payer!

Gaëtan

Posté le 24 mai 2015 11:35:59

Salut Thomas,

je rajoute mon point de vue au débat (mais au final fais comme tu le sens c'est toujours le mieux :) ).

Ne vendre et fabriquer que des trucs à moins de 1083 Km c'est super beau et fort comme symbole et ça fait une belle histoire (et des beaux vêtements), mais ça reste un symbole !

Ca voudrait dire ne pas vendre à quelqu'un à 1090 Km ? Et pourquoi ne pas baisser la limite 729 Km ?! Ou la monter à 2000 Km ?! ;)
On voit bien qu'il n'y a pas de "bonne" réponse, c'est juste symbolique, donc important, mais c'est pas une vérité / règle en soit.

De plus ça peut être "moins bien" de vendre à 500 km avec livraison en avion/camion que de vendre sur un autre continent avec livraison en bateau.
Donc le problème est plus complexe qu'une histoire de Km.

Du coup fais comme tu le sens, en restant cohérent avec tes principes et tes valeurs et tout ira bien.
Il y aura d'autres belles histoires et d'autres symboles fort j'en suis sur !

Bon courage

Gaëtan

Séverine

Posté le 24 mai 2015 09:09:02

Bonjour,

la réussite à l'export serait une preuve de la maturité du produit, du concept ...
Etant à l'étranger, je suis tentée de dire que j'aimerais trouver vos produits.
En cas d'export, il faut se limiter aux pays ayant une frontière pour limiter les transport.

Mais, ne dit-on pas qu'"il est préférable d'apprendre à pêcher plutôt que d'offrir du poisson" ?

Il serait intéressant de reproduire le concept avec un jean ou un autre vêtement avec une solution locale.
Ici, une filière de laine se remet en route.
Cela permettrait de valoriser des matières premières et de permettre de créer des emplois locaux.

Je suis de plus en plus convaincue que les structures de petite taille le plus proche possible des consommateurs serait la solution face à la crise et au chômage.
Il est plus facile de reconvertir une petite structure qu'une grande en cas de difficulté.
De plus, le consommateur connaît son fournisseur et se sent sans doute beaucoup plus responsable dans ses achats.

Bonne journée !

Séverine

laurence MULLER-TANGUY

Posté le 24 mai 2015 01:23:49

oui à l'export mais à moins de 1083KM ; restez , effectivement , plus qu'un produit made in France ; c'était le sens de mon financement

Carole

Posté le 23 mai 2015 23:15:16

Grande question en effet ! J'aurai également commencé par répondre par la négative car 1083 c'est 1083 km blablabla.
Suite à l'argumentaire, je comprends les avantages de l'export. Je n'ai pas de réponse mais voilà ce que je retiens :
J'aime 1083 parce que c'est fabriqué par des travailleurs payés correctement et couverts par la sécurité sociale
J'aime 1083 parce que la fabrication française est soumise à des normes environnementales (pas parfaites mais) correctes
J'aime 1083 pour sa conscience environnementale.
J'aime 1083 pour la proximité mais qu'est-ce qui rapproche le plus, la distance géographique ou le peu d'intermédiaire ?
J'aime 1083 car des emplois sont créés en France
J'aime 1083 car le jean est bien coupé, solide, confortables et les chaussures aussi.
A partir de tout ça comment peut-on faire profiter de tous ces avantages à d'autres consommateurs sans "trahir" la belle démarche 1083 ? Que voulons-nous éviter à tout prix ?
En résumer je répondrai pourquoi pas mais pas n'importe comment.
Bonne réflexion !
Carole

Samuel

Posté le 23 mai 2015 22:06:37

Je pense que le passage à l'exportation des produits 1083 n'est pas encore d'actualité. Il me semble préférable d'asseoir la marque en France avant d'aller plus loin. Ouvrir des boutiques ou avoir des revendeurs dans l'hexagone et augmenter la production et les modèles proposés au fur et à mesure m'apparaît plus sage pour consolider les fondations de cette entreprise que de se développer à l'étranger. Et puis où en premier et pourquoi tel ou tel pays? Trop compliqué. Je ne sais pas si le site permet les achats depuis l'étranger, si ce n'est le cas, cela peut être la première marche vers l'exportation. En tout ca Thomas, continuez de vous/nous poser des questions c'est une bonne manière de faire avancer le schmilblick (j'sais pas si ça a été exporté ce truc?)

marie-josé

Posté le 23 mai 2015 21:52:33

RESTEZ en FRANCE avant d'aller vous faire manger ailleurs ! RESTEZ 1083 !!!
Nous, on vous attend en Charentes !!!

bub666

Posté le 23 mai 2015 21:23:48

si un etranger se trouve a moins de 1083 kms de la base,alors vendez tout ce que vous voulez,mais je pense qu'il faut rester ds le concept,c'est une vraie idée le 1083,je suis tres fier du mien merci

dettwiler anne

Posté le 23 mai 2015 18:44:44

Restons dans un rayon de 1083 km maximum. désolée pour le 1084 ème kilomètre mais a l heure actuelle il est temps de revenir au local
.venir jusqu au produit afin de découvrir le lieu de production ,les gens et la region c est chouette aussi :) il.faut garder l esprit et l essence meme de 1083...restez un vrai produit avec des convictions quitte a vous fermer a un export lointain...mais gardez votre identité c est vital...sinon vous ne serez qu un simple produit made in france et c est tout... alors que vous étés bien plus

Stéphane

Posté le 23 mai 2015 18:34:59

Grande question en effet!

Je pense qu'effectivement il y a encore à faire en France. Vendre en Chine, où est le concept de relookaliser ? La chine en particulier est connu pour son goût des produits de luxe, pas vraiment le concept de 1083, ou alors j'ai loupé un truc!

Tu veux vendre aux étrangers, pourquoi ne pas vendre aux Chinois et Japonais venant en France ? Une belle boutique à Paris, une à Nice et un référencement auprès de quelques agences asiatiques pourrait peut être le faire ? Ou un corner chez Lafayette ? Ces gens là dépensent beaucoup, mais doivent repartir avec au moins une moitié de produits chinois dans leurs achats!

Et puis l'étranger, ce n'est pas forcément l'Asie, il y a aussi l'Europe. A moins de 1083km de vos ateliers, il y a Genève, il y a Bruxelles, il y a Francfort... Pourquoi ne pas faire une ouverture à l'Europe de l'ouest ? ça permettra de respecter le concept originel tout en développant les ventes.

En bref, restez local et circulaire, pas la peine de devenir Calvin Klein pour se développer. Pour ma part, j'attends de l'extension de gamme et des nouveaux magasins =)

Bonne continuation!

Guillaume du Finistère

Posté le 23 mai 2015 16:23:56

Salut,

Une telle question ne semble t-elle pas influencée au fil du temps par les nombreuses rencontres d'autres PDG ou autres entrepreneurs au long cours ?

À la vue de la taille de votre entreprise, pas la peine d'être un militant extrémiste de vos convictions pour vous faire ce rappel qu'avec plus de 60 millions de paires de fesses et de pieds dans l'hexagone, il y a tellement de possibilités à se développer ici...

Avez-vous déjà conquis tout le marché français ? Convaincu vos confrères de suivre votre philosophie ? Contribué à la prise de conscience de cette période de transition ?

Nous sommes avec vous ! Continuez de vous posez des questions, nous vous faisons confiance pour nous habiller et c'est avec plaisir qu'au besoin, nous vous adressons un léger coup de pied au derrière à fin de garder les pieds sur Terre ;)

Cordialement, Guillaume.

Laurence Jallet

Posté le 23 mai 2015 16:09:14

Plutôt qu'exporter un produit, pourquoi ne pas exporter le savoir-faire ?
aider des personnes à accéder à votre savoir pour les pousser à faire de même près de chez elles, voilà qui permettrait d'exporter votre talent sans renoncer à vos valeur...

belle route !

Bellouard Alain

Posté le 23 mai 2015 16:01:58

Bonjour Thomas,
Je suis content de voir que tu te pose ce genre de question. Tu te souviens très certainement de la discussion que nous avons eu a ce sujet lors du MIF expo 2014. Tu connais mon avis sur la nécessité d'aller à l'export pour nos entreprises.
Je voudrais répondre a ceux qui te reproche de faire le jeux de la mondialisation.
La mondialisation elle est là, et ne pas le reconnaitre serait une erreur fatal. Les entreprise en France, due a une taxation importante, sont contrainte de perpétuellement grossir. Il est impossible de rester a volume constant. Cette notion difficile a comprendre pour qui n'est pas chef d'entreprise est pourtant une triste réalité.
il est clair que le marché français est plus que difficile en ce moment. Le fait partir a l'étranger vas te permettre, oui, de pérenniser tes emplois en France. Je voudrais rappeler que toi au moins tu sais comment il sont fabriqué tes jeans !
La France bénéficie encore d'une image de mode, de création, que tu aurais tord de ne pas exploiter !
Les chinois sont friands de nos créations, aiment nos produits, quel joli pied de nez, non ?
Comme tu l'auras remarquer, je te soutiens complètement dans ta démarche de futur exportateur.
J'ai ouvert moi même un corner en chine pour nos produits, le début est prometteur et l'idée et de créer des magasins à notre marque là-bas !
J'espère avoir le plaisir de te croiser à nouveaux sur le MIF cette année !
A bientôt.
Alain Bellouard
Gérant BAÏN création.

gaïa

Posté le 23 mai 2015 15:39:56

Je trouve certains commentaires bien affirmés... Je crois pour ma part que ce n'est pas si simple et que les visions manichéennes du monde ne peuvent en reproduire sa juste complexité !

Pour ma part, un export raisonné peut être envisagé. Les questions qui se posent sont plutôt où on met la limite. Comme l'a dit justement déjà quelqun, livrer au delà d'une frontière à 200km, ou en France a plus de 1000, et bien si on veux rester cohérent, on choisi l'étranger !
De même répondre à une demande et envoyer des jeans un peu plus loin, alors qu'il existe un revendeur local mais que ses produits n'ont pas étés retenus parce qu'un peu plus chers, ne me semble pas non plus une idée juste et constructive pour un mo de plus positif.

Mais quand la demande ne viens pas d'Amérique du Sud, quand elle peut effectivement utiliser des moyens de transport qui existent déjà, quand elle répond à une vraie demande (et permettra peut-être un jour à une entreprise locale de se dire que ça vaut le coup de développer cette activité à cet endroit la.... Exemple : le bento. 100% importé il y a 10 ans, la création d'un marché a permis à des entreprises locales), et ben je ne suis pas non plus sûre que ça soit contre productif a long terme !

Rihs Axel

Posté le 23 mai 2015 14:28:17

Je me présente rapidement, je suis un étudiant en logistique humanitaire. Ce qui implique quelques connaissances en transport, et en action visant à améliorer les conditions de notre belle humanité.
La démarche de 1083 est très belle, et le fait de l'exporter au-delà de nos frontières ne devrait pas être un problème, puisque l'exportation de nos savoir-faire est mineure et ne devient pas un problème chronique de notre société, au contraire, comme tu le dis, elle favorise les échanges culturels. Quand un artisan chinois fabrique un t shirt de type occidental, pour les Occidentaux, dans des conditions déplorables, il n'y a aucun échange, c'est de l'esclavage. Tandis que la, il me semble que les employés de 1083 ont la chance d'avoir un emploi et des conditions descentes, ce qui est favorable au partage et non à de l'esclavage.
De plus, l'exportation permettrait comme tu le dis de pouvoir augmenter les productions et donc favoriser les emplois ainsi qu'ouvrir les possibilités à d'autre pays à des produits éthique et de qualité. Le fait que 1083 se développe apporte plus de choix, plus de produit, par exemple la veste en partenariat avec Smuggler, sans tomber dans l'excès de la production sans sens. Le fait d'être ouvert à tous (Production des chaussures Végan, elles sont super). 1083 possède une force énorme, et il n'y à pas encore assez de marques comme celle-ci.
Bien sûr, cette façon de voir se doit d'être adaptée le plus possible à notre mode de vie de façon globale. Consommation alimentaire plus local, plus éthique, ne plus favoriser les marques les plus esclavagistes de notre temps. Il faut agir de façon consciente. 1083 fait partie de ces démarches, je vous salue grandement, et merci pour tout votre travail.

Christophe

Posté le 23 mai 2015 14:07:00

Bonjour,
Pour moi la marque 1083, c'est le made in France (c'est là le point le plus évident). Acheter made in France c'est s'opposer à certains pays qui font travailler de très jeunes personnes pour des salaires dérisoires et qui mettent parfois la santé des ouvriers en danger (avec la manipulation sans protection de certains produits (pour délaver les jeans par exemple).
Je pense que ce point de vue est partagé par toutes les grandes nations européennes (Allemagne Italie, Angleterre , Espagne et j'en passe). Dans chaque pays il y a des personnes qui partagent cette idée, donc des clients potentiels pour 1083. La France, grâce à 1083 permet à l'Europe de produire des jeans et des chaussures de façon responsable, quelle fierté! Avec votre entreprise vous proposez un nouveau chemin.
Il ne faut pas avoir peur de se lancer à l'international, il faut simplement être organisé et préparé pour éviter de se casser les dents. Il faut faire connaître la marque. Personnellement, je pense que la vente par internet via d'autres sites que 1083 peut être un plus. Je ne sais pas si je peux ici les citer mais par exemple AM...N pourrait être intéressé. Ils stocks vos jeans dans des entrepôts et les vendent pour vous. Or AM...N est présent dans différents pays. C'est peut être là une solution pour démarrer...

nicolas

Posté le 23 mai 2015 13:32:28

Vous m'amusez beaucoup tous avec vos grands discours sur la mondialisation. Voci deux petits points à méditer.

"Qu’accepter d’exporter c’est promouvoir notre culture française et nos savoir-faire".
Hey, le Jean c'est français ? OK, la toile vient de Nîmes, mais le jean c'est la culture américaine. Exporter un jean français, c'est exporter certes un savoir-faire français, mais surtout une culture américaine.

"l'étranger" est une notion. Les jeans sont confectionnés à Marseille ? Vendre à Rome, en Italie, à l'étranger donc, est bien plus "local" que vendre à Paris. Vous êtes plus proche de Genève que de chez moi (à La Rochelle), pas plus proche de Brest que de Viennes etc.

Vous ne vous posez pas les bonnes questions. Quelles sont vos valeurs ? Si vos valeurs reposent sur le respect de l'environnement, le recyclage, la promotion du bio et faire travailler des Français dans un cadre légal correct avec un vrai salaire et un certain niveau de sécurité, alors foncez, vendez à l'étranger. Seulement, conservez vos valeurs, continuez à produire en France et surveillez le mode de transport. Comme le disait Thomas, c'est dommage ces containers qui repartent vides, ne serait-il pas plus responsable d'optimiser leur retour ?

Si vos valeurs c'est le local, je vous invite alors à rapatrier la filature à Marseille et à vendre uniquement dans le département des Bouches-du-Rhône, à livrer en vélo et à n'accepter que le troc comme paiement ;-)

Antoine

Posté le 23 mai 2015 13:30:34

"Accepter d’exporter c’est remplir des conteneurs qui rentraient jusque là vides".

Du coup, c'est légitimer ces conteneurs et rendre leur coût plus faible, et donc les aider à se développer.

"Accepter d’exporter de France vers la Chine par exemple c’est contribuer à ré-équilibrer à notre mesure les échanges commerciaux, et donc notre rapport de force politique", non car les rapports de force ne sont pas si déséquilibrés que ça, c'est juste qu'ils ne profitent qu'aux grandes entreprises. La balance commerciale hors énergie est quasi équilibrée en France.

"Accepter d’exporter c’est une chance de plus de sécuriser les emplois locaux que l’on crée", c'est le discours de la compétitivité de l'emploi de ces dernières années. Si les emplois sont délocalisés, c'est que le coût du travail est plus faible ailleurs. Il serait plus juste d'aider Oxfam ou Ethique sur l'Etiquette à développer des conditions sociales correctes dans les pays où les gens sont exploités.

La remarque initiale est tout sauf simpliste, c'est une base qui devrait servir aux échanges commerciaux, qui micro-économiquement n'est peut-être pas convaincante pour la croissance de l'entreprise, mais qui est le bon sens (à rapporter par exemple à l'agriculture - est-ce qu'il est normal d'exporter des pommes et d'en importer en même temps ?).

J'espère que 1083 réduira l'importation, pas qu'il augmentera l'exportation.

Clémentine

Posté le 23 mai 2015 13:30:17

La réflexion sur votre évolution est bien légitime et vous honore.
Je n'ai pas de position arrêtée et radicale sur cette question car je ne connais pas tous les tenants et aboutissants du fonctionnement de votre entreprise, seulement quelques analyses et sentiments que je me permets de vous soumettre.

Je resterais pour ma part sur une production locale, connectée à l'humain et respectueuse de l'environnement et du bon sens, notions auxquelles le mondialisme essaie de soustraire tout individu, avec les désastres que l'on connait.

Pour moi, vous participez à une société plus juste et, justement si vous avez une vision de vos valeurs qui ne s'arrêtent pas à l'hexagone, vous ne devriez pas exporter: car ce que vous faites devrait être appliqué ailleurs.
Tenter, à votre humble mesure, de créer une sorte de "concurrence" avec la qualité française qui est la vôtre (ce que je peux comprendre), est entré dans le jeu qui nous amène aux désastres que nous connaissons.
Votre démarche, votre philosophie reposait sur cela, et il serait dommage de la perdre car les arguments du "Made in France" seraient plus importants

accepter d’exporter c’est promouvoir notre culture française et nos savoir-faire,
accepter d’exporter c’est une chance de plus de sécuriser les emplois locaux que l’on crée,
accepter d’exporter de France vers la Chine par exemple c’est contribuer à ré-équilibrer à notre mesure les échanges commerciaux, et donc notre rapport de force politique,
accepter d’exporter c’est remplir des conteneurs qui rentraient jusque là vides,
accepter d’exporter c’est promouvoir nos valeurs face aux marques irresponsables

Tout cela est juste, mais à mon sens ces arguments ne sont pas plus importants (même s'ils sont recevables évidemment); ils ne font pas le poids face à une philosophie hautement respectable qui mériterait d'être portée au niveau mondial : le localisme, l'écologie, la culture, le réel, le bon sens, le bien de tous...

Vous dites (me semble-t-il) que le marché hexagonal est déjà immense : avec vos valeurs, vous pouvez très largement le conquérir!
Et si vous estimez, par la suite, qu'une autre forme de développement est nécessaire, envisagez peut-être des partenariats avec des entreprises locales étrangères, afin de favoriser vos valeurs, votre éthique dans le monde..

Mais on ne répond pas au mondialisme par le mondialisme, on ne répond pas à la concurrence immonde par la concurrence immonde, on ne combat pas les entreprises mondialistes en s'approchant de leur mode de fonctionnement.
La bonne position est peut être, et même surement, dans ce fragile équilibre préservant votre éthique et vous permettant de vous développer.

Mais, encore une fois, votre potentiel de développement me parait énorme en France, et envisager par la suite un partenariat ou une création de structures ailleurs pour accompagner d'autres locaux à en faire de même me parait tout à fait pertinent, sans concession sur ce que vous êtes.

J'ajouterai (par provocation ^^) que la formule même "promouvoir une culture française" me parait étrange. Je m'en explique : bien sûr, au niveau du marché mondial, il faut "promouvoir sa culture, son savoir faire" et en France nous avons besoin de cela.
Mais ce savoir faire a t il été presque détruit car on ne le reconnaissait pas à sa juste valeur ou parce que le mondialisme, l'ultra libéralisme a justement fait en sorte que ce ne soit plus la valeur première, mais le profit et l'extrême concurrence?

Car si vous faites attention aux savoirs faires locaux à travers le monde, vous pouvez aussi deviner des savoir faire de grande qualité...
C'est justement ce mondialisme, ces multinationales qui jouent avec les règles du marché de chaque pays pour mieux exploiter la médiocrité, la pauvreté et non l'excellence et le savoir faire local.

Rentrer dans ce jeu est peut être rentrer dans le mécanisme qui a engendré cela pour nous, l'engendrera pour d'autres ailleurs mais toujours avec autant d'injustice.

Je sais, je philosophe et je fais un peu de politique en abordant ces points.
C'est tout ce qui honore votre entreprise : vous êtes autre, vous vous posez d'autres questions, vous portez des valeurs et je pense sincèrement ne pas être la seule à vous avoir acheté, un jour, un jean pour cela.
A avoir fait ce pari, à avoir acheté autre chose qu'un jean, à avoir soutenu un jeune qui portait une vision du monde plus juste.

L'économie, malheureusement, est tout aujourd'hui : insuffler les prémices d'une autre forme d'économie, montrer qu'elle est possible et qu'elle peut aider l'être humain ici, chez nous, et partout ailleurs est certainement le meilleur levier pour faire évoluer ce monde qui ne tourne plus rond.

J'espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec ces réflexions quelque peu décousues et vous remercie pour votre attention.
Je vous souhaite une belle continuation et, à mon humble mesure, tenterait d'y participer en assurant une promotion de votre entreprise autour de moi.

Antoine

Posté le 23 mai 2015 13:21:29

De mon point de vue, l'export, quelle que soit la manière, est un frein à la relocalisation (d'autres, avec moins d'appui médiatique - et peut-être aussi de savoir-faire), ont très certainement l'envie d'entreprendre localement.
La seule réponse à l'export qui me paraît correcte, c'est un export à moins de 1083 km de Romans.
Valoriser les produits 1083, c'est aussi ne pas forcément les voir partout. D'autres marques de Modetic, mais avec un autre concept, peuvent correspondre à ce besoin du coton bio.
Exporter, c'est aussi perdre de la crédibilité lorsque le discours est que l'on économise en transport une partie des surcoûts liés à la fabrication française.
Etant bordelais, l'exemple du vin est l'exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire, le seul argument à cet export est financier, les capitaux sont de moins en moins français et les produits sont de moins en moins vendus aux Français.
En tout cas, le message de 1083 perdrait beaucoup de son sens.

L"unique question que vous devez vous poser, c'est "quel est mon projet" ? Est-ce que le but est de vendre beaucoup, ou d'avoir une démarche cohérente ?

Votre message de base est clair : "Jeans et Chaussures éco-conçus et fabriqués à moins de 1083 km de chez vous."

Moi à mon avis, une marque ne croît que par sa qualité, son concept et sa distribution. Si vous exportez, votre concept prend un coup dans l'aile.

charline soubeyrand

Posté le 23 mai 2015 12:39:25

le plus simple pour rester en accord avec votre conception c'est de créer la même chose qu'en France mais dans les pays qui vous le demande !

Christine

Posté le 23 mai 2015 12:29:10

bonjour,
je serais plus pour un partage de vos valeurs/aider dans d'autres pays à recréer une filière équivalente à celle que vous avez créé ici.
fabriquer localement vos jeans ici pour les vendre à perpète les olivettes n'est pas méga cohérent , enfin en tant qu'acheteur je trouve ça moyen.

bonne réflexion! et vivement septembre pour les jeans taillés un peu différemment en magasin à Romans au moins ;)

didier

Posté le 23 mai 2015 12:23:53

Arrete de te faire mal Thomas ! le bon vin Français est bien produit en France ! il abreuve bien le monde ! alors vas-y ! demande toi plutôt comment le faire de facon responsable . essaie de trouver des moyens alternatifs de transporter proprement . sois l exemple pour tous les autres et entraine les a suivre ton exemple .

Patrick Hermant

Posté le 23 mai 2015 12:21:20

Hello

Ma réflexion est basée sur le fait que je suis allé en Angleterre et en Écosse l'été dernier avec le challenge (pour moi et ma fille) d'acheter des produits locaux...

Je connais l'Angleterre et l’Écosse depuis 25 ans, et sur mes visites précédentes les produits de type souvenirs, carterie, mugs etc étaient fabriqués en UK ou Europe.

J'en ai gardé quelques-uns ce sont des collectors aujourd'hui...

Les cartes postales du métro à Londres sont imprimées en Chine par exemple.

Cherchant en Écosse des produits locaux, l'ami chez qui on était nous a emmené dans des gros magasins pour touristes, puis sur à peu près tous types de points de vente.

Les chaussettes en fil d’Écosse importées de Turquie, Maroc, Chine et tutti quanti...

Alors qu'ils ont des filatures là-haut qui ferment malgré un taux de chômage de l'ordre de 6%...

(L’Écosse grâce au pétrole et à la pêche est un poumon pour le Royaume Uni)

J'ajoute que les Chinois commencent à y investir comme en France et que les autorités du tourisme Britanniques commencent à "renommer" les sites touristiques "en Google Mandarin" pour leur favoriser les recherches...

Eilean Donan Castle devient "Château Highlander" en mandarin

Pour l'export, mon conseil est dans un premier temps de développer des partenariats avec des distributeurs (hors grande distribution massive) en France pour qu'on puisse essayer vos produits avant d'acheter, et ainsi développer votre CA France et avoir une base stable de consommateurs en restant fidèle à vos valeurs.

Et après entamer une réflexion pour l'export.

Bien à vous, et merci de nous laisser donner notre avis sur le blog, ça ouvre l'esprit...

veronique

Posté le 23 mai 2015 12:09:09

ne dit on pas il faut mieux un petit chez soit qu 'un grand chez les autres ou alors travailler uniquement avec des boutiques francaise installées a l'etranger qui vendent du made in france a petite echelle

Ingrid

Posté le 23 mai 2015 11:54:08

Que de belles réflexions.
Mais en fait ne seriez-vous pas le début d'une chaine commerciale du "consommer autrement"?
Pourquoi ne pas étudier comment proposer vos produits à l'export avec des moyens de transports "écolonomiques"? Vous avez la chance de pouvoir participer au développement d'une nouvelle filière d'approvisionnement (peut-être pas à dos d'âne certes!) mais respectueuse de l'homme et de son environnement? Mon idée est peut-être farfelue mais je l'assume. Et puis, ne soyez pas dupes, si le marché asiatique s'emballe pour votre marque, des contrefaçons risquent de se développer ci et là...non?
Donc dans votre question il y a 2 paramètres: le transport et le marché au bout de la chaine de transport...

Gilles de Montiel

Posté le 23 mai 2015 11:38:37

Au lieu d'exporter la fabrication, exporter votre savoir faire local .... à d'autres entrepreneurs sensibilisés par la même approche dans d'autres pays qui utiliseront leur production locale ! A vous de choisir le moyen d'être rétribué ( redevance, pourcentage des ventes, franchise ... Etcétéra) #by1083likinFrance

Nicolas

Posté le 23 mai 2015 11:35:37

Bonjour,

J'ai lu attentivement ce post et j'ai un ou 2 commentaires a vous partager.

D'abord, attention à la tentation de dire que l'argument économique prime sur le reste.
(sécuriser les emplois, équilibrer la balance). Lorsque l'on choisi de suivre cette voie, alors le reste deviens superflus (écologie, éthique, ..)

Ensuite, il ne faut pas compenser les erreurs de l'économie actuelle mais la transformer.
En équilibrant la balance et en remplissant les conteneurs vous deviendriez les partenaires des marques les moins responsables.

Enfin, je pense que plutôt que de diffuser vos valeurs, vous allez les diluer:

Que devient le message d'une entreprise qui dis privilégier la proximité et relier la chaine de la production au consommateur en moins de 1000km, et qui souhaite maintenant envoyer ses chaussures a 8000km?

Si vous voulez vraiment travailler avec la Chine, alors pourquoi ne pas créer un atelier la-bas, avec des fournisseurs locaux, à l'image de ce que vous avez fait en France?
En offrant des salaires corrects, une sécurités social... Vos valeurs seraient alors vraiment diffusées et misent en avant.

bon courage

La

Françoise

Posté le 23 mai 2015 11:24:11

1083 au-delà de la France...?
En tant que simple consomm'actrice, je suis plus sensible aux partenariats que vous mettez en place avec les entrepreneurs français qui relocalisent ( ex Smuggler).
Votre exemple peut-il essaimer en France avant de se diluer à l'étranger?
Lorsque je cherche à acheter français ( merci le Bottin du Made in France) , je n'ai pas encore tant de choix que cela...
Il y a 2 ans, j'ai patienté plus de 14 mois pour porter mon jean 1083, cette année, je n'ai attendu que 3 jours: BRAVO et MERCI!

[email protected]

Posté le 23 mai 2015 11:19:13

Réflexion intéressante mais qui au final ne pose qu'une question: quel avenir souhaitez vous pour 1083?
Soit vous restez uniquement sur le marché français, soit vous souhaitez vous développer et exporter (quitte à vous restreindre sur la distance par rapport aux pays en question ou choisir vos transports pour livrer de façon la plus écologique possible).

Je pense vraiment que vous devriez répondre favorablement aux contacts de ces professionnels étrangers. Il risque d'être difficile de surfer sur la vague du Made in France en France à long terme. L'étranger offre des perspectives.
Donc développez vous, quitte à informer réellement sur la démarche autour des jeans 1083 et peut-être susciter des vocations locales.
Sans faire compliqué il est possible si vous avez une place dans une boutique allemande d'avoir un petit panneau explicatif en allemand sur les valeurs de 1083, pourquoi ça a été créé, et faire passer votre message.

Il faut (à mon avis) arrêter de voir la mondialisation comme un monstre à deux têtes. 1083 est une belle démarche entrepreunariale française, porteuse de sens, et si vous organisez son développement de façon écologique etc vous avez l'opportunité de diffuser votre message et pérenniser les emplois qui ont été créés.

augeron johan

Posté le 23 mai 2015 11:16:02

Pour faire suite à ma contribution,

Pour la partie export du concept, haque entreprise, par pays, pourrait reprendre le principe du nom
En s'appellant 2026, ou 3204

En fonction du nombre de km entre les 2 points les plus éloignés (une sorte de franchise, ou de filiale de 1083, à l'étranger, en local)

Et pour l'export simple de produits (car nous vivons malgré tout sur une même planète) un nom du genre 'Km France'

Pour montrer la conscience du trajet du produit(éthique de l'entreprise) mais aussi son origine (qualité française)

Ces derniers doivent être plus coûteux que les premiers...
Pour favoriser malgré tout le local...

Anthony

Posté le 23 mai 2015 11:12:33

Nous nous sommes rencontré lors de votre conférence à la CCI Drôme ce mercredi dernier.
Créer une nouvelle marque serait néfaste. Les clients étrangers vous sollicite pour, je cite, la démarche de 1083.
Du coup d'après cette démarche de "produire locale", pourquoi vous ne pourriez pas exporter également sur cette distance (allemagne, luxembourg, suisse, italie, espagne, ..). Evidemment si vous exportiez aux US ou en Russie ou je ne sais où, tout votre discours aura était fait en vain.
A moins de trouver une sollution écolo pour faire voyager vos jeans (en bouteille jeté à l'océan, en pigeon, en vélo !!! ;) )

Anaïs

Posté le 23 mai 2015 11:02:59

Bonjour,

L'exportation je trouve sa "moyen" car je pense que votre principe de "local", ne sera pas mis en valeur, sa sera simplement des articles française, et la philosophie de 1083 sera perdu en parti. Après en étant sur le net si un anglais veut un 101 il peu le commander, mais il aura fait la démarche personnellement, donc il sera au courant de la démarche. On n'est pas obliger de les gardez jalousement pour nous, mais de la a les trouver en boutique autre France, bof... Après pourquoi pas organiser avec un pays des événements ponctuel ou chaqu'un reçoit l'autre et propose ces produits à la vente en quantité limité. Sa peu être sympa. bonne reflextion et continuation.

damien

Posté le 23 mai 2015 10:54:41

Salut Thomas,

Nous avons échangé sur le sujet au salon de Colmar.
Mon point de vue serait d accepter de montrer au monde le savoir faire francais en créant des points de vente à l étranger sur la méme approche de localiser.
Donc dans un premier temps vendre du francais à l etranger dans un but de vendre du local. Je pense que ce concept serait viable et la clientèle sera au rendez vous...
Par contre il faut faire un pas de géant pour réaliser un tel challenge.

arpajon

Posté le 23 mai 2015 10:35:31

L'argument politique me semble faible. Si effectivement vendre des produits francais à la Chine permet au gouvernement français d'avoir plus d'impact politique ça entraine quand même d'énorme coûts de transports (économique et écologique) et s'inscrit en opposition de votre démarche d'origine du consommer local.
Par contre, commercer avec les pays voisins est non seulement facile mais totalement raccord avec votre idée de départ.Je comprends tout à fait votre souhait d'exporter pour sécuriser l'emploi et faire des bénéfices mais il faut se rendre compte des désavantages.

augeron johan

Posté le 23 mai 2015 10:30:46

La réflexion est très intéressante,

Il semble que 1083 ait été créé pour fabriquer LOCAL (- de 1083km) et FRANÇAIS (on est capable de faire bien et plus écologique)

Le principe de transposer à l'étranger paraîtrait répondre plus aux valeurs du LOCAL, exporter aux valeurs du MADE IN FRANCE.

fournir l'étranger oblige à choisir...

Choisir et donc renoncer à l'un des deux...

Il reste la possibilité de créer 2 autres marques (une pour l'export et l'emploi en France, et une autre pour l'export du modèle et des valeurs du local)

Pour que chacune ait sa logique,

Mais 1083, et ses valeurs n'a de sens qu'en France...

Bravo d'être capable d'une telle remise en cause auprès de tous vos clients, partenaires...

Votre première compétence est celle-ci !

Cordialement

Johan Augeron

Julie

Posté le 23 mai 2015 09:15:45

Bonjour,

Je pense qu'il n'y a pas de réponse ou tout bien ou tout mal, la réponse faite actuellement « on préfère participer à développer votre filière locale plutôt que de vous vendre nos produits » permet de faire un écrémage parmi les éventuels partenaires actuels et ceux qui seront vraiment intéressés par la démarche ne s'en contenteront pas et chercheront plus loin. Pourquoi effectivement ne pas travailler avec des pays frontaliers et former ces entreprises motivées à la manière de mettre en place leurs produits créés localement, à recréer des emplois et plus tard mettre en place une filière de recyclage. Ensuite si leurs produits sont intéressants et complémentaires vous pourrez faire un "échange" : vendre leurs produits et eux les votre. Après il faut voir aussi si les conditions de mise en place de tout cela correspond aux valeurs de 1083 : j'entends par là un emploi supplémentaire créé en France sera peut-être plus stable qu'un emploi créé dans un pays où l'on propose de faibles temps de travail hebdomadaire et où les personnes sont obligées de cumuler plusieurs emplois pour s'en sortir ou encore quand il n'y a pas de salaire minimum par exemple.
bon désolée ça n'avance pas plus ;)
Bonne continuation de réflexion en tous cas !

Bruno BOUSSUGE

Posté le 23 mai 2015 08:27:26

Une piste pourrait être de promouvoir les vertus du produire local au sein d'une communauté d'acteurs internationaux partageant les mêmes valeurs et la même vision. Cela permettrait de rester en grande cohérence avec les principes "durables" fondateurs (faibles impacts écologiques, emplois et savoir-faire locaux, ...) tout en enrichissant le modèle d'expériences multiples (autres produits et services, autres territoires, autres cultures, ...).
L'ouverture à l'international "classique" me semble un facteur de risque important d'image et d'identité.
Très bonne continuation.

Michellem

Posté le 23 mai 2015 05:15:56

Je ne saurai mieux exprimer ma pensée qu'Oodini ne l'a fait. Exporter c'est retomber dans un schéma de mondialisation... La seule exportation qui ait du sens à mes yeux c'est l'idée et la réflexion... L'aide à penser un projet comme vous l'avez fait... Il vous faut essaimer mais pas devenir un grand truc "planétaire"... Oh! Non !

Bobby

Posté le 23 mai 2015 01:18:37

Le principal risque que je vois c'est de ne plus maîtriser votre développement. Nombre d'entreprises se sont cassées les dents à l'export, pourtant prometteur au départ.

Si vous pouvez le faire à zéro risque, oui, pourquoi pas : si vous êtes payé d'avance par virement, que vous n'avez pas un seul investissement à faire, oui pourquoi ne pas vendre 50 jeans à un commerçant étranger qui vous l'aurait demandé.

S'il vous faut avancer l'argent d'une grosse commande, prendre un engagement plus important auprès d'un fournisseur, augmenter votre découvert bancaire, prendre des risques de change, laissez tomber !

C'est un peu comme travailler pour la grande distribution : si vous commencez à en dépendre, vous êtes grillé. Or si vous commencez même un peu, la tentation sera grande d'augmenter même tout doucement ces ventes, et fatalement, tôt ou tard vous en dépendrez !

Oodini

Posté le 23 mai 2015 00:57:10

Posez-vous une question : avez-vous créé 1083 pour lutter contre la mondialisation, ou bien la promouvoir ?

Parce que tout ce que vous présentez relève de valeurs mondialistes. Si je réponds à chacun des points :

* impérialisme culturel ?
* c'est exactement la raison d'être de la politique coloniale de la Grande-Bretagne il y a 2 ou 3 siècles : créer des marchés pour vensdre ses produits manufacturés (cf Canada)
* vous acceptez la mondialisation, vous ne luttez pas contre
* vous améliorez la rentabilité des affréteurs, et contribuez donc à la baisse des prix, et donc à la mondialisation
* soyez responsables : laissez une chance aux marques chinoises responsables de se développer sur leur marché, plutôt que de vouloir y faire votre nid

Mais sinon, pour rester dans le même objectif que lros de la création de 1083, allez donc monter des ateliers de confection dans les pays dans lesquels vous comptez vendre.